ANCA
Les Amis Naturalistes des Coteaux d’Avron

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Le Plateau d’Avron

En juillet 1988 et en janvier 1989, à la demande de l’ANCA, le préfet du département a pris deux Arrêtés de Protection de Biotopes pour protéger deux sites : le Biotope des Alisiers et le Biotope des Mares. Ces sites font maintenant l’objet d’études scientifiques, d’une gestion écologique fine et de la restauration de milieux.

D’autre part, sur la commune de Rosny-sous-bois, sur le Plateau d’Avron, la Plaine de Rosny nommée Pelouses du Château d’Avron, n’a jamais pu donner lieu à la construction en raison de l’exploitation souterraine de carrières de gypse.

Aujourd’hui ce site constitue quelques « îlots » de nature épargnés par la forte pression urbaine des années 1960. Les milieux abritant des espèces aquatiques tel que les batraciens ou les libellules sont devenus rares. Nous développons dans ce dossier l’intérêt faunistique remarquable du site pour notre département.

Biotopes Protégés du Coteau d’Avron

Biotope des Alisiers

Essentiellement composé de chênaie-frênaie, le Biotope des Alisiers comporte aussi des lisières thermophiles calcicoles, des clairières et un talus à pelouses marneuses, deux mares et une vigne.

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L’Alisier de Fontainebleau
Quelques uns de ces arbres protégés atteignent des ages avancés dans l’APB.
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Sison
Protégé en IDF. En extension dans les clairières,allées et même dans la parcelle de céréales du Biotope des Alisers. S’est même étendu sur le talus de la ZAC des Chanoux jusqu’à Neuilly/Marne et dans le biotope des mares.
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Orchis bouc
Sur le "Talus à orchis bouc" surplombant la ZAC des Chanoux poussent certaines années 900 pieds de cette orchidée. Malheureusement très peu fleurissent.

Coupe du Biotope des Alisiers

Biotopes des Mares

Situé sur le plateau d’Avron le Biotope des Mares comporte un réseau de six mares dans des clairières sur marnes vertes ,un restant de végétation xérique du plateau sur calcaire de Brie et une clairière herbeuse sur marnes blanches à l’emplacement de l’ancien front de taille des carrières.

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Mare aux prêles
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Carline

La Plaine de Rosny ou Pelouses du Château d’Avron

Localisé sur la commune de Rosny-sous-bois, à 12 km de Paris, sur le Plateau d’Avron, la Plaine de Rosny nommée Pelouses du Château d’Avron, n’a jamais pu donner lieu à la construction en raison de l’exploitation souterraine de carrières de gypse.

La plaine de Rosny comporte deux parties très distinctes :

  • Les sols d’origines du plateau, plutôt siliceux, avec des mares et prairies très vertes.
  • Les sols remaniés par les comblements de carrière de type friche sèche calcaire à aspect de steppe.
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Mare temporaire
sur ancien pâturage mésophile.

Située à 12 km de Paris, à une altitude de 114 mètres, altitude maximum du Plateau d’Avron, cette étendue est isolée par la ville de Villemomble au Nord, de Neuilly-Plaisance au Sud et de Rosny-sous-bois à l’Ouest. Elle constitue en outre une continuité naturelle avec la coulée verte qui recouvre les carrières souterraines de Neuilly-Plaisance à l’Est, et prolonge également le site des Vergers du Bel-air.

On notera que les Vergers du Bel-air sont inscrits en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique par le Ministère de l’environnement. Le site des anciennes carrières de Neuilly-Plaisance font également l’objet de deux arrêtés préfectoraux de Protection de Biotope suite à la demande des Amis Naturalistes des Coteaux d’Avron, datant de 1989. Une de ces zone concerne des mares à batraciens et l’autre, une zone d’Alisiers de Fontainebleau, arbre endémique en Ile-de-France.

Intérêt culturel, historique et paysager des mares

Les mares peuvent avoir une origine naturelle. Elles correspondent alors à des cuvettes au substrat imperméable, dans lesquelles s’accumulent les eaux de pluie, de ruissellement ou de source.

Les mares sont cependant le plus souvent d’origine artificielle, liées à des activités humaines ancestrales.Les mares ont en effet été pendant très longtemps un auxiliaire privilégié de l’homme qui en creusait presque partout où il avait des activités :

  1. dans les cours de fermes pour diverses utilisations domestiques (toilettes, eau de cuisine, de lessive et même de boisson), pour l’élevage de canards ou comme réserve d’eau en cas d’incendie
  2. au centre des villages où ces mares étaient collectives
  3. dans les champs où elles étaient utilisées pour abreuver le bétail, pour le drainage des terres (agissant ainsi contre les inondations et l’érosion des sols) et pour la régulation de l’hydrométrie atmosphérique lors des saisons sèches
  4. au bord des chemins où elles servaient d’abreuvoir pour les animaux de trait ;

Dans ses publications sur les mares de Haute-Normandie, J. CHAIB présente notamment les résultats d’une étude ethnoécologique et historique des mares. Il explique que de tout temps l’homme a recherché la proximité de l’eau. Ainsi au Paléolithique, il se cantonnait aux abords des cours d’eau ou des sources ; au Néolithique, suite à une forte augmentation démographique et au développement de l’agriculture et de l’élevage, il a quitté les vallées et a appris à tirer partis des petites collections d’eaux naturelles, puis comme cela ne suffisait pas, il s’est mis lui-même à en créer selon ses besoins, là où les propriétés du sol et les précipitations le lui permettaient.

L’homme acquit ainsi une plus grande liberté d’extension dans l’espace. Malgré les problèmes d’hygiène et l’inconvénient de la baisse des réserves en eau lors des périodes de sécheresse, l’homme n’a pu pendant longtemps (jusqu’au XIXème siècle) trouver meilleur mode d’alimentation en eau que les mares qu’il creusait. Ni les puits dont le coût de construction et d’entretien était particulièrement élevés et dont les ressources restaient très aléatoires, ni la collecte d’eau de pluie dans les citernes dont le confinement rendait ces eaux tout autant insalubres, ne surent remplacer les mares. La véritable révolution n’interviendra qu’avec l’adduction généralisée d’eau potable, le drainage artificiel et autres fruits de la modernité qui signeront la fin de l’utilisation (et donc du creusement et de l’entretien) des mares par l’homme.

On trouve au siècle passé, de nombreuses mares, réceptacle des eaux superficielles, sur le sommet même du Plateau. Ce sont : la Mare aux Loups, les Mares de la Pelouse et quelques autres sans dénominations particulières. Celles-ci, bien qu’existant toujours à l’époque, n’ont pas été prises en compte sur les cartes de 1890. La guerre de 1870 avait complètement modifié le paysage du Plateau d’Avron, surtout en ce qui concerne la partie boisée, pratiquement anéantie. Sur la carte de 1929, on observe en revanche très nettement les mares, chemin d’Avron, chemin rural n°9 et lieu-dit « la Garenne ». On observe également tout prés de la mare du chemin d’Avron, le chemin d’Exploitation donnant sur les carrières de gypse.

Intérêt batrachologique et herpétologique

Sur six espèces de batraciens présentes sur le Plateau d’Avron, cinq ont été observées sur la Plaine de Rosny. Parmi elles, certaines sont rares au niveau régional et surtout départemental. Tous ces batraciens sont totalement protégés à l’exeption de la grenouille verte qui bénéficie d‘une protection partielle. La présence de milieux aquatiques est un atout majeur de ce site et permettent d’assurer la pérennité de ces espèces. On remarque que ces animaux se situent sur un « îlot vert » au centre de la ville et qu’ils ne peuvent que très peu communiquer avec d’autres milieux. Le réseau routier est un obstacle qui limite considérablement leurs déplacements.

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Crapaud Alyte dans son trou

Notre méthode d’observation et de recensement des batraciens pour le site fut de nombreuses sorties nocturnes durant les périodes propices à la reproduction des batraciens. Au printemps pour la majeure partie des espèces et au courant de l’été pour le Crapaud accoucheur. Nous avons également effectué des captures pour identifier les tritons et les larves. Cela nous a permis d’estimer la densité de certains tritons. Il est ressorti qu’une espèce tel que le Triton ponctué est bien moins représenté et donc plus fragile que le Triton palmé. Ce type de recensement a été pratiqué de manière à ne pas troubler la tranquillité des individus.

Intérêt ornithologique

La Plaine de Rosny est une continuité des carrières de Neuilly-Plaisance inscrite en ZNIEFF. Il semble évident que des échanges de population d’oiseaux ont lieu avec tous les autres milieux du Plateau d’Avron et même des espaces voisins (Glacis du fort de Noisy, parc des Beaumonts à Montreuil, carrières de Gagny). Les espèces nicheuses sont donc les mêmes que sur l’ensemble du Plateau d’Avron et on peut rappeler que le Torcol fourmilier et le Pie-grièche écorcheur était nicheurs jusqu’en 1989 ! La Plaine de Rosny est un « milieu ouvert » composé d’une strate herbacée, d’une faible strate arbustive et de petites zones aquatiques. La strate herbacée domine le paysage, ce qui d’un point de vue ornithologique nous donne des espèces « champêtre » de milieux ouverts au cœur d’un environnement urbain. Au total, ce sont 80 espèces observées sur la Plaine de Rosny, partie intégrante du Plateau d’Avron, soit 49 espèces nicheuses ou nicheuses à proximité, et 31 migrateurs (y compris en survol).

Ce site accueille une avifaune riche pour le département et la présence de l’eau attire les oiseaux migrateurs que ce soit pour une courte ou longue durée. Ces particularités font de cet espace un milieu relictuel pour un département où le nombre d’oiseaux champêtre diminuent.

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Traquet pâtre
certainement l’oiseau le plus remarquable nichant en Plaine de Rosny.

Intérêt entomologique

La présence de milieux divers tel que les mares, les strates herbacés, les strates arbustives les vergers offrent une richesse d’insectes remarquable pour la petite couronne. On remarquera également que de nombreuses espèces sont méditerranéennes et que le microclimat qui règne sur certaines pelouses peuvent les qualifier de pelouses thermophiles. Parmi la diversité des espèces rencontrées sur le Plateau d’Avron, nous avons sélectionné les plus remarquables. Le recensement effectué par Gérard Brusseaux concernant les lépidoptères du Plateau d’Avron totalise 321 espèces. Les captures des coléoptères et des lépidoptères nocturnes ont été réalisées sur les Vergers du Bel-air situés au Sud de la Plaine de Rosny. Notons la présence d’autres invertébrés remarquables sur la Plaine de Rosny. L’Argiope frelon (Argiope bruennichi) est une araignée tisseuse de toiles se rencontrant dans les prairies et buissons chauds.

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Mante religieuse sur Calamagrostis
Plaine de Rosny.

Sa présence est peu commune dans le département et mérite notre attention. La Mante religieuse (Mantis religiosa), située à l’extrême nord de son aire de répartition, cet insecte affectionne les biotopes chauds et ensoleillés. De nombreuses oothéques sont trouvées dans les pelouses sèches de la Plaine. Cet insecte est protégé par la loi au niveau de la région Ile-de-France.

Le grillon italien (Oecanthus pellucens), lui aussi protégé en région Ile-de-France, car se trouvant également à l’extrême Nord de son aire de répartition, se rencontre dans tous les endroits secs, buissons, pelouses marneuses du Plateau d’Avron. Il est particulièrement bien représenté sur la Plaine de Rosny.

Note sur l’intérêt mammologique

La Plaine de Rosny n’a pas été soumise à des inventaires sur les mammifères. On peut cependant noter la présence certaines de deux espèces protégées et régulières en Seine-Saint-Denis, le Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) et la Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus).

D’autre part, la présence de deux carnivores également réguliers sur le site, le Renard roux (Vulpes vulpes) et la Fouine (Martes fouina).

La présence de micro-mamifères confère également un intérêt pour les oiseaux prédateurs et les carnivores.

Note sur l’intérêt floristique

Parmi les espèces les plus remarquables du site :

  1. Des méridionales : Polypogon de Montpellier, Iris fétide, Scolyme d’Espagne, Baguenaudier
  2. Des prairiales : Sauge des près, Raifort, Ophrys abeille(notamment "aurita albinos"), Centaurée des près, Centaurée noire, Orobanche du picris, Carex disticha
  3. Des xériques et/ou steppiques : Vergerette acre, Absinthe, Centaurée jacée, Centaurée maculée, Orchis pyramidal, Orchis bouc.
  4. Des plantes palustres : Jonc des tonneliers, Jonc glauque,Carex vulpina, Carex cuprina, Pulicaire dysenthérique, Saule noir-cendré
  5. Des calcicoles : Prunier de Ste Lucie, Aigremoine odorant
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Herbier récolté en Plaine de Rosny
Centaurée noire,Centaurée des près et Centaurée maculées, Carx vulpina et otrubae, Absinthe.
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Orchis Pyramidal
Plaine de Rosny.

Portfolio

Ail des Vignes Clairière de l'APB des Alisiers Le Biotope des Mares Aristoloche Le Biotope des Alisiers Bécasse des bois Tritons à crête et palmé Epervier Gesse aphaca Guimauve hérissée Laureole Le Loriot Lyciet Mante religieuse Ophrys abeille var aurita Orobanche du picris Perce-neige Potentilla recta Triton ponctué Argioppe Fauvette grisette en plein chant Gesse Ophrys abeille Machaon Plaine de Rosny Triton ponctué

Documents joints